Rechercher
  • ClĂ©ment Chaudier

ENTRETIEN AVEC SIHEM GHORAB PSYCHOLOGUE đŸŽ™ïž


Sihem, pouvez-vous s’il vous plaĂźt, vous prĂ©senter ?


Je m’appelle Sihem Ghorab, j’ai 26 ans, je suis psychologue en libĂ©ral depuis maintenant 2 ans. J’ai une formation universitaire en Psychologie du Travail. La psychologie du travail regroupe l’ensemble des problĂ©matiques liĂ©es au monde du travail. Ce diplĂŽme m’a amenĂ© Ă  travailler, pendant 1 an chez Areva, en tant que psychologue du personnel sur des problĂ©matiques individuelles et collectives au niveau de l’entreprise (burnout, harcĂšlement
).


En parallĂšle de ma derniĂšre annĂ©e universitaire, j’ai suivi une formation au Conservatoire National des Arts et MĂ©tiers (CNAM) en clinique du travail Ă  savoir la prise en charge des pathologies psychologiques consĂ©cutives au travail. Cette expĂ©rience chez Areva a Ă©tĂ© extrĂȘmement enrichissante pour moi mais m’a confortĂ© dans mon choix de me mettre Ă  mon compte.


En effet, j’étais frustrĂ©e de ne pas pouvoir prendre en charge de A Ă  Z les personnes. Il faut savoir que le psychologue du personnel n’a pas autoritĂ© pour entreprendre des suivis psychothĂ©rapeutique. Il s’agit principalement de soutenir les salariĂ©s puis de les rĂ©orienter vers des confrĂšres. Avant de me lancer dans l’aventure libĂ©rale, j’ai voulu me former Ă  une psychothĂ©rapie spĂ©cifique afin de proposer le meilleur accompagnement possible pour mes futurs patients.


Une psychothĂ©rapie est un ensemble d’outils dans un domaine prĂ©cis pour prendre en charge les problĂ©matiques psychiques des personnes.

J’ai choisi de m’orienter vers la thĂ©rapie des schĂ©mas Ă  laquelle j’ai Ă©tĂ© formĂ© pendant 1 an. Cette thĂ©rapie m’a permise d’élargir mon champ d’action. Aujourd’hui, j’accompagne les adultes (plus de 18 ans) dont les problĂ©matiques ne dĂ©coulent pas forcĂ©ment du travail.

Quelles raisons vous ont poussé à devenir psychologue ?


Les raisons qui m’ont poussĂ©es Ă  devenir psychologue sont multiples : mon envie irrĂ©pressible d’ĂȘtre utile. Je souhaitais me lever tous les matins et me dire « aujourd'hui je vais aider des gens Ă  aller mieux ».


Mon choix d’exercer en libĂ©ral a Ă©tĂ© guidĂ© ensuite par ma frustration de ne pas pouvoir pleinement accompagner les personnes qui venaient me solliciter. Ma contribution devait ĂȘtre plus concrĂšte. D’autre part, j’aspirais Ă  plus de libertĂ© dans mon travail : je voulais m’organiser comme bon me semble, travailler Ă  mon rythme et sur des problĂ©matiques uniquement liĂ©es Ă  la psychologie.

Quelles sont les principales raisons pour lesquelles les personnes viennent vous consulter ?


La clientĂšle en libĂ©ral regroupe ce qu’on appelle du tout-venant c’est Ă  dire tout ce qui est en dehors de la psychose.

Concrùtement, il s’agit de la population française ne souffrant pas de pathologie mentale de type psychotique.

C’est ni plus ni moins la population classique. Les motifs de consultation sont principalement la confiance en soi et l’estime de soi. De maniĂšre globale, il s’agit des problĂ©matiques qui touchent ce qu’on nomme la famille des relations interpersonnelles. Les relations interpersonnelles sont les liens qui rĂ©gissent une relation entre deux individus (couple, ami, collĂšgue
).

A qui s’adresse la psychothĂ©rapie ? Faut-il nĂ©cessairement souffrir de problĂšmes graves pour consulter un psychologue ?


Il faut vraiment sortir de cette reprĂ©sentation du psychologue qui fait peur. L’un des clichĂ©s que j’entends le plus est le suivant : « Je ne vais pas voir un psychologue car je ne suis pas fou ».

Le fait de consulter un psychologue n’a strictement rien Ă  voir avec la dĂ©mence ou la folie. Chaque personne connaĂźt des moments dans sa vie oĂč elle va ĂȘtre confrontĂ© Ă  des situations difficiles pour lesquelles elle n’aura pas les outils pour lutter.


Dans cette configuration, chacun a besoin d’une personne extĂ©rieure pour ĂȘtre accompagnĂ©e et soutenue afin de rĂ©flĂ©chir Ă  comment se dĂ©barrasser de ce problĂšme.

Tout le monde doit s’introspecter car c’est nĂ©cessaire pour l’épanouissement personnel. Il ne s’agit pas d’une preuve de faiblesse mais bien au contraire d’un acte d’une immense bravoure.