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  • Clément Chaudier

Dispositif « chèque psy » : que faut-il retenir ?

Dernière mise à jour : 17 mai

Le gouvernement a lancé un nouveau dispositif intitulé "chèque psy". À quoi sert-il ? À qui s'adresse-t-il ? Quels sont ses limites ? Que faut-il en retenir ? On te décortique ce sujet d'actualité brulante 🔥


Qu’est-ce que les « chèques psy » ?


Le chèque d’accompagnement psychologique (CAP) ou "chèque psy" est un dispositif gouvernemental mis en place afin d’apporter un soutien financier aux étudiants en détresse psychologique.


En vigueur depuis février, ce programme propose une prise en charge financière des séances chez le psychologue. Celui-ci doit cependant être inscrit à l'Agence Régionale de la Santé. Il est valable pour l’ensemble des étudiants du territoire français.


Comment ce dispositif fonctionne ?

Pour bénéficier de ce dispositif, il faut que la personne passe par son médecin généraliste ou par le service de santé universitaire (SSU). Cette consultation permet de récupérer une ordonnance de soins.


En ce qui concerne le psychologue, l’étudiant a le choix. Toutefois, celui-ci doit être affilié au dispositif « Santé Psy Étudiants ». Le détail des psychologues partenaires se trouve sur le site du gouvernement. L’ensemble des principes et conditions pour les personnes cherchant des informations complémentaires sont mentionnées.

Combien de séances cela représente-t-il ?


Les chèque psy sont en réalité un forfait donnant le droit à :

  • 3 consultations de 45 minutes

  • aucun frais n’est à avancer pour les étudiants

  • Forfait renouvelable une fois


Ainsi, au total, l’étudiant peut donc bénéficier de 6 séances chez le psychologue. Au niveau logistique, le patient peut aussi bien prendre rendez-vous en cabinet qu’en ligne. Il est important cependant de mettre en avant l’effort financier supporté par les psychologues. Ces derniers ne facturent au ministère que 30 € par séance. Un tarif qui est, dans une immense majorité des cas, bien en deçà des honoraires pratiqués en libéral.


Que vaut réellement ce dispositif ?

Maintenant que le principe et le fonctionnement de ce dispositif sont expliqués, il est temps de vous donner l’avis de SPEAK EASY sur ces fameux chèques psy.


Sur le principe, les chèques psy sont une excellente initiative. Ils viennent répondre à un besoin urgent : la détresse psychologique des étudiants.


Depuis la crise sanitaire, les étudiants sont en grande souffrance :

  • absence de cours

  • perte de liens sociaux

  • isolement

  • précarité financière

  • ennui

chèque psy

Des limites évidentes


De plus, l’absence de frais à engager pour les étudiants est également un énorme avantage. Leur précarité ne leur aurait pas permis d’avancer les honoraires. Sur cet aspect, le gouvernement a eu tout juste.


Pour le reste, c’est nettement moins évident… Si l'intention du gouvernement d'aider les étudiants est noble, les contours et le fond du dispositif posent question...


Retour sur 3 points essentiels ⬇️


Le timing ⏳


Le premier élément qui interroge est le timing. Cela fait des mois que la souffrance des jeunes est exposée médiatiquement. Les lanceurs d’alerte ont été nombreux. Or, le gouvernement a agi trop tardivement.


La situation de milliers d’étudiants était déjà largement dégradée. Le gouvernement n’a jamais donné l’impression de s'y intéresser vraiment. Il s'est contenté de réagir face à une situation devenue insoutenable quand on l’attendait dans un rôle de protecteur qui anticipe afin de protéger ses citoyens.


La communication 💬


Les contours de l’annonce du chèque psy sont eux aussi discutables. Tout a été fait à l’envers. S’il fallait résumer la situation en une formule celle-ci serait la suivante :


"Une annonce sur-médiatisée, un intitulé choc pour un cafouillage habituel concernant les modalités de fonctionnement. "


La forme a été privilégiée au fond. Les psychologues eux-mêmes qui sont les premiers concernés n'ont jamais été sollicités. Et c’est ce qui rend le dispositif, à nos yeux en tout cas, dénué de bons sens.


Les modalités du dispositif


En effet, on demande aujourd’hui à une profession entière de prendre en charge une partie de l’effort financier (séance à 30 €) sans contrepartie ni reconnaissance. Alors même que les psychologues apparaissent comme un corps de métier vital à l’équilibre et au bien-être de notre société.


Si la forme du dispositif semble excellente, le manque à gagner financier pour les professionnels gâchent l’efficacité même du dispositif. Cela laisse apparaître un vrai décalage de vision.


Accompagnement sur le long-terme


D’un côté, nous avons des étudiants en souffrance qui ont besoin d’un accompagnement sur le long terme. Les différents problèmes énumérés (de manière non exhaustive) ne peuvent être traités sur le court terme.


De l’autre, un gouvernement qui propose une solution à court terme inadaptée.


Solution court-terme


En effet, les 3 séances renouvelables une seule fois ne sont pas suffisantes. Sachant que la première séance sert à faire connaissance et à poser un cadre thérapeutique, cela laisse seulement 5 séances de travail.


Comment avec un tel délai, le psychologue est-il capable d’amorcer la restitution du cadre de vie, l’analyse qui en découle et l’application des pistes de réflexion ? Comment avec un tel délai, le patient peut-il être capable de faire un travail sur soi afin d’évoluer ?


Choix limité


De plus, le choix du psychologue se trouve franchement limité. Et c’est logique. Les psychologues ne se sentent pas reconnus et pris en considération. Ils boycottent donc en majorité ce dispositif.


Ainsi, les étudiants s’en retrouvent lésés. Notamment ceux qui vivent en zone péri-urbaine ou reculée et qui n’ont pas ou très peu de choix au moment de consulter. Sans parler de la future frustration de devoir arrêter en cours de route la thérapie par faute de moyen.


Le rôle du médecin


Enfin, la lourdeur du procédé est absurde et démotivante. L’étudiant ne peut que se sentir lassé par une démarche longue et contraignante :

  • les démarches en ligne

  • le ou les rendez-vous (en cas de renouvellement) chez le médecin

  • le traitement de l’ordonnance de soin à remettre

  • dossiers à remplir

Si on caricature, le temps de délai du dispositif est supérieur à celui de la thérapie.


Réconciliation manquée


Pour résumé, les limites du dispositif « chèque psy » font apparaître un projet mal calibré qui ne répond pas de manière structurelle au problème initial. C’est d’autant plus dommage que l’esquisse originale laissait deviner un projet ambitieux et moderne à même de réconcilier la jeunesse avec la pratique psychologique.


À toi de jouer 🧠


Si tu souhaites sauter le pas afin de trouver le psychologue qui te correspond, tu peux faire une demande de recommandation personnalisée.



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